E-commerçants : ne vous sabotez pas vous-même ! Information sur la mise en place d’un site e-commerce professionnel.

Il y a une chose qui me laisse perplexe chez les (auto)entrepreneurs qui se lancent dans le e-commerce. Une chose que, en toute bonne foi, je n’arrive pas à comprendre.

Je parle ici des futures e-commerçants qui veulent “économiser le coût d’un webmaster”.

Ces quelques mots génèrent en moi une foultitude d’interrogations.

Créer une entreprise en sabrant une partie de l’investissement initial ?

Entreprendre, c’est investir. Pas gâcher de l’argent en dépenses coûteuses, non, simplement investir à bon escient pour se donner les chances de réussir. Dans le cadre d’une boutique en ligne, l’investissement d’un entrepreneur solo consiste en : un stock (ou un atelier de fabrication), un site internet et un minimum d’actions de communication (je ne parle pas ici de ceux qui ont des frais de personnel). Créer sa boutique en négligeant son site, je n’arrive donc pas à le comprendre. C’est comme ouvrir une boutique en dur sous son abri de jardin avec du mobilier récupéré chez soi car “ça suffira amplement”.

“Vendre sur internet et créer son site soi-même, c’est comme devenir coursier et construire sa mobylette en mécano” : ça n’ira pas bien loin…

Etre commerçant est un métier, communiquer sur internet est un autre métier : on ne peut pas tout faire bien.

Exemple : moi je mets en place des boutiques en ligne, mais je serai bien incapable de les gérer à la manière de mes clients. Je n’ai pas les compétences nécessaires à la négociation avec les fournisseurs et les transporteurs, à la gestion de stock, ni évidemment la connaissance du secteur et des produits vendus. Pas de honte à ça, personne ne prétend tout savoir. Je ne prétend même pas être irréprochable dans mon cœur de métier, c’est dire :-D

La bonne terminologie :

“Economiser un webmaster”, cela mérite en fait quelques précisions. D’une part, les systèmes actuels de boutiques en ligne ne nécessitent pas systématiquement l’intervention d’un webmaster. D’autre part, l’intervention de ce fameux webmaster peut faire l’objet d’un forfait, annuel par exemple, qui ne ruine personne, si on a mis suffisamment de réflexion dans la mise en place INITIALE de sa boutique.

Autre chose : le webmaster n’est pas le graphiste. Le webmaster gère par exemple les aspects techniques de la présence en ligne : hébergement, gestion du serveur, déploiement de la solution e-commerce, boites mail, personnalisation des modules, installation de certains modules (comme le paiement en ligne par CB)…

Le graphiste créé tout l’univers visuel de la boutique et la conçoit en pensant à son ERGONOMIE. Je mets des majuscules, car l’ERGONOMIE est PRIMORDIALE pour le succès d’une boutique. Sur ce sujet, je pourrai écrire un livre entier donc on en reparlera plus tard :)

Le bon webmaster est un technicien professionnel aux connaissances pointues, et c’est une espèce assez rare.

Le bon graphiste est un créatif professionnel aux connaissances pointues, il est moins rare mais plus aléatoire : on peut être un super créatif déconnecté de toute réalité marketing, et là attention.

Le graphiste / intégrateur (que je suis :-D ) travaille l’identité visuelle, puis installe le site sur un serveur. Soit il gère le minimum requis en webmastering, soit il a un partenaire qui gère ces aspects là. Il est en mesure de livrer un site clé-en-main, sous réserve que le client reste dans le cadre du système e-commerce fourni (Prestashop par exemple). Si ce client a besoin de développement particulier (une application de fidélisation différente de celle par défaut), il devra faire appel à un développeur et donc payer une prestation complémentaire.

Utiliser des plateformes de location plutôt que d’avoir son site : fausse bonne idée ?

Moi en tout cas, je me méfierai… Chacun fait le choix qu’il veut, du moment que c’est en toute connaissance de cause, donc voici quelques informations qui vous y aideront.

Le webentrepreneur qui veut “économiser le webmaster” est généralement séduit par les offres alléchantes de sites en location. Pour un montant variable (50 euros, 100 euros mensuels), vous avez un site sans vous occuper de son installation. Autrement dit, pareil que si vous travaillez avec un professionnel indépendant.

Seulement là, le site est en LOCATION : vous n’en êtes pas propriétaire. Vous disposez d’un minimum d’options de personnalisation. Vous choisissez un graphisme parmi une galerie de visuels limitée. Le jour où vous souhaitez déménager votre site vers de nouveaux horizons plus performants, vous n’avez rien : tout est à refaire. Avec un peu de malchance, vous ne pourrez même pas exporter la base de vos clients et produits. J’ai vu certains prestataires qui bloquaient en effet cette possibilité. Pensez-y. La base de clients, c’est le nerf de la guerre.

Donc RÉFLÉCHISSEZ BIEN à moyen-terme. Un site bricolé rencontrera vite des limites. Un de ces jours, vous verrez que vos concurrents à succès ont des meilleurs sites, tout simplement. Vous voudrez peut-être les imiter. Seulement, vous aurez perdu des heures de travail ET les sommes versées à la location.

Petit calcul : chez Muffin Creation, une boutique graphiquement personnalisée, utilisant Prestashop, incluant un logo, coûte autour de 1000 euros (+ ou - 200 selon le contenu du brief).

- si vous louez une boutique 50 euros par mois, il faudra 20 mois pour rentabiliser cet investissement.

- si vous louez une boutique 100 euros par mois, il faudra 10 mois.

J’ESPERE sincèrement que votre projet a une espérance de vie plus longue que ça… sinon, pourquoi entreprendre ?

Conclusion : faire bien les choses dès le départ, c’est utile et rentable. D’autant qu’à montant égal, vous avez une prestation qui n’a RIEN à voir. Avec un humain en face qui va vous faire un travail sur mesure et répondre à vos questions, vous aider à toutes les étapes.

(je ne rentre pas dans le détail des offres d’hébergement qui sont inclues chez les loueurs de site : sachez seulement qu’on constate par exemple certaines limitations au trafic mensuel : limite dépassée = site inaccessible jusqu’au mois suivant. Pas toujours, en tous les cas vous DEVEZ étudier et COMPRENDRE les propositions techniques qu’on vous fait).

Ne vous sabotez pas vous-même !

Pour une toute jeune entreprise, les raisons d’échouer sont nombreuses. N’en rajoutez pas sciemment vous-même… Il faut vraiment comprendre qu’une boutique mal faite génère une déperdition de visiteurs (donc de potentiel de vente) dont vous n’aurez jamais la connaissance. Vous fêterez chaque nouveau client, mais pour toute vente finalisée, combien ne se sont pas faites par manque de professionnalisme du site ? Vous ne pouvez même pas imaginer… d’ailleurs il ne vaut mieux pas sinon vous allez déprimer !

“Il est plus facile de perdre 50 clients que d’en gagner 5″.

Perdre ses clients potentiels, c’est ultra facile : un site à l’image amateur, qui ne dit pas clairement où on est, l’absence du minimum syndical pour inspirer confiance (un nom / un numéro de tél fixe / un email / une adresse postale / des conditions générales de vente / des informations claires sur les frais de port…), un site peu ergonomique où l’on s’énerve à chercher l’info… tout ceci est NÉFASTE et vous porte préjudice.

Décidément, je ne comprends pas qu’on se lance dans une entreprise sans mettre les chances de son côté…

Note : ceci est un article tout à fait partial ! :-D


2 réponses so far, want to say something?

  1. Vincent says:

    Super article ! Beaucoup de bon sens dans tes propos, on sent le vécu :-)

  2. Caroline says:

    Merci beaucoup !
    Que veux-tu, je vis ça avec passion… J’adore suivre les entrepreneurs, et j’ai tellement envie qu’ils y arrivent !

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